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In the past few years, a growing number of startups and companies challenge the way we think our education and training system, with the creation of new revolutionary technological tools.

 

In France and abroad, we observe a huge enthusiasm around these « EdTech » (for the contraction of « education » and « technology »). These startups work vigorously , with this beautiful idea that we can create a positive impact on education though technology in both public and private organizations.

 

When we talk about education or training, we are talking about our learning abilities. These EdTech are thus trying to have a positive impact on learning, whether or not you are an adult or a child! Their job is to help you to learn more efficiently while keeping it enjoyable and fulfilling.  However, EdTechs can nowadays capitalize on science knowing that much scientific research on “Education” has been accumulated in the past decades! (1). We now specifically have good insights on how our brain is learning optimally.

 

Several research studies have identified factors or also called as « catalysts » which determine the speed and the easiness of learning (2). This knowledge, but also the scientific method, are for those who are producing EdTechs a treasure, which would help them to construct and/or optimize the quality of their product !

 

Yet, a good technical expertise is required to extract relevant information in this dense and complex scientific literature, which requires many years of study. That is why it is crucial that entrepreneurs, trainers, educators, and teachers work hand in hand with scientific experts if we want to create pedagogical product with a strong impact!

 

Science in EdTech, why and for what reasons?

 

Reason 1 : To improve the pedagogy and the quality of the product

 

Each pedagogy needs to be analyzed scientifically: where are its strongest points? What are the points where it needs to be optimized? Let’s transform the way that we are perceiving pedagogy, and focus on the methods that have been shown empirically to have the largest effects on learning! Let’s increase the « Ed » quality with evidence-based pedagogy. Let’s improve together quality of learning !

 

Reason 2 : To buy time

 

Let’s capitalize on science and its known methods and designs to implement “EdTech” products of high quality ! Let’s in particular use multimodal approaches, and take it to account how our brain is processing and encoding an visual or auditory information! Let’s boost the « Tech » with evidence-based design! Let’s make our technology powerful and efficient with simple interfaces, with relevant and flexible learning structures. Let’s buy time together with science !

 

Therefore, let’s transform the education system powerful and impactful pedagogical tool! We have the opportunity to do better, let’s do it together !

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Qui n’a pas déjà entendu que “Tous les enfants en dessous de 2 ans ne devraient pas être exposés aux écrans, quelqu’il soit, dans n’importe quelle situation! “ Ces phrases sont souvent associées avec le fameux : “Non, jamais d’écran pour les tout-petits, cela va, affecter le développement de leur cerveau et les rendre complètement apathiques“.

 

Mais pourquoi autant de peurs autour des écrans chez les plus jeunes, surtout sur le développement de leur cerveau et de leurs compétences cognitives ?  D’ailleurs est-ce que tous les écrans se valent ? Que nous dit la recherche scientifique ?

 

Peut-être une des options, avant de répondre à ces questions est de comprendre l’origine de cette peur, pourquoi autant d’appréhension autour du cerveau tout-petits et des écrans ? Qu’est ce qu’il se passe vraiment dans les premières années de la vie dans le cerveau de nos jeunes enfants ? En comprenant mieux comment notre cerveau se développe et de quoi il a besoin pour avoir des fondations stables pour ses apprentissages, peut-être que nous pouvons mieux adapter nos règles et particulièrement celles de nos usages numériques!

 

Pourquoi les premières années de la vie de nos enfants sont-elles aussi précieuses pour l’apprentissage?

Une chose est sure : la recherche ces dernières années a fait des bons considérables sur le développement cognitif des enfants et en particulier chez le très jeune enfant. Grâce à l’avancée des méthodes et techniques expérimentales (imagerie cérébrale, psychologie expérimentale, etc.) nous n’avons jamais autant cumulé de connaissances sur le bébé et l’enfant ! En particulier sur un des apprentissages les plus important et des plus précoce dans notre espèce humaine : le langage. Cette capacité, si propre à l’être humain, s’installe en effet dans les premiers mois de la vie, voire même avant la naissance et connait sa fenêtre temporelle la plus favorable à cette période ! La maitrise du langage a un rôle capital dans nos vies de tous les jours, que ce soit pour interagir avec l’autre, communiquer, penser ou encore raisonner, elle est au coeur d’un grand nombre de nos fonctions cognitives ! D’ailleurs une bonne maitrise du langage oral est aussi un tremplin dans réussite de nos apprentissages scolaires, voire de notre réussite sociale et professionnelle. En effet, plus l’apprentissage du langage oral est stable, plus il sera facile d’entrer dans les apprentissages scolaires, notamment lors de l’entrée de la lecture, etc . Ainsi la mise en place et la maitrise de la langue maternelle est un élément crucial et d’une importance capitale pour nos jeunes enfants  ! Donc oui, ces périodes de la petite enfance sont très précieuses pour l’apprentissage, parce que des compétences fondamentales se développent et sans certains ingrédients, elles ne peuvent pas avoir de fondements stables.

 

Mais par quoi cette bonne maitrise de la langue passe, quels sont les bons ingrédients ?

 

Les dernières recherches scientifiques semblent nous montrer que, non seulement, plus un enfant est exposé tôt à sa langue maternelle mais également plus il exposé à un environnement linguistique riche et varié, plus la maitrise de sa ou ses langue(s) maternelle(s) sera de haut niveau ! Par exemple les enfants qui vivent dans des familles où de grandes quantités de mots sont produites, où il y a une grande diversité et richesse de vocabulaire, ou encore un haut niveau de complexité dans les phrases, voir des cas de bilinguisme, leur niveau de vocabulaire sont plus élevés, leur syntaxe plus complexe, etc. Mais pour une bonne acquisition de la langue ce n’est pas juste un environnement sonore riche, c’est aussi largement dépendant de la qualité des intéractions sociales ! Comme par exemple discuter avec son enfant, partager son attention sur un objet, chanter des chansons ensemble etc. De nombreuses études ont montré que sans interactions sociales notamment pour l’apprentissage des langues, un enfant apprendra peu, voir pas du tout. Ainsi, il maîtrisera moins bien sa langue et cela affectera même le bon développement de son cerveau et des aires cérébrales dédiées au traitement du langage. En effet dans les interactions entre les bébés et les parents, l’attention (direction du regard), l’engagement actif (curiosité, exploration), le retour d’information (discussion), la répétition, la sécurité affective (émotions positives)  sont présents. Et ces éléments sont cruciaux pour l’apprentissage du langage et plus généralement à d’autres types d’apprentissages.

 

Toutes ces recherches tendent donc à nous montrer que, oui les premières années sont très importantes ! L’apprentissage du langage est au coeur du développement cognitif des bébés et qu’un environnement linguistique riche ainsi que des interactions sociales complexes déterminent le bon développement du langage et donc cognitif des enfants. Donc ce n’est pas si irrationnel de s’inquiéter autant pour le développement de nos jeunes enfants et d’interdire des objets qui pourraient potentiellement être nocifs pour eux  !

 

Et si nous revenons un peu à la question des écrans et du fameux “rien avant 2 ans” ?

 

En réalité, la célèbre règle autour des écrans et des enfants, avec ce fameux “pas d’écrans avant 2 ans” a été publiée en 1999 par l’académie des pédiatres américains (American Academy of Pediatrics, 1999). Ces recommandations sont surtout basées sur les études chez les jeunes enfants regardant passivement des vidéos sur écran notamment la télévision ou les DVD. En effet, un enfant qui est exposé à un écran, de ce type là, n’est pas exposé à une interaction sociale naturelle, qui elle contient plein d’indices nécessaires et cruciaux pour un apprentissage de qualité ! Un enfant exposé à un écran comme la télévision, est particulièrement passif, il y a peu d’attention partagée (quelqu’un qui va diriger son attention sur quelque chose de précis), peu d’engagement (peu d’action pour soutenir son exploration) et ainsi peu de retour d’information sur les actions (par une personne tierce avec des explication précises). Or sans ces mécanismes engagés, nous l’avons vu, nous apprenons peu, voire pas du tout. Et à un âge où les premiers mois, voire années sont critiques pour le développement du cerveau et du développement de ses capacités cognitives, ce contexte de passivité induit par la télévision n’est en effet, pas du tout recommandable!

 

 

Cependant, dans le paysage des écrans notamment ces dernières années, les choses ont bien changé ! Les écrans où les enfants sont complètement passifs comme la télévision ne sont plus les seuls ! Les écrans interactifs comme les smartphones ou encore les tablettes ont fait leurs entrées sur le marché, d’ailleurs leurs utilisations que ce soit chez les adultes ou chez les enfants ont explosé ! Si on prend les chiffres, entre 2011 et 2014, le pourcentage aux Etats-Unis des enfants de moins de deux ans qui utilisent un écran interactif comme les smartphones a augmenté de 10 à 38% ! Or, nous venons d’apprendre à quel point un environnement stimulant et interactif est important, surtout dans les premières années de la vie, mais si nous y réfléchissons bien, les écrans interactifs pourraient amener une situation très différente avec les enfants. Plutôt que de regarder passivement cet écran, ils peuvent avoir un contrôle actif de ce qu’il se passe sur celui-ci, et ce détail peut faire toute la différence !

 

 

 

Et si les écrans n’étaient pas si mauvais pour nos jeunes enfants ?

 

Pour l’instant nous ne savons pas encore exactement dans quelle mesure les écrans interactifs pourraient avoir un impact sur le développement de nos très jeunes enfants. Cependant, les données des récentes études suggèrent que les écrans interactifs ne poseraient pas autant de problème que nous pouvions le penser au départ! En prenant en compte ces résultats, les recommandations des écrans ont justement été modifiées (AAP Council on Communications and Media, 2016),  et des groupes de chercheurs ont même envoyé une lettre ouverte pour expliquer leur inquiétude sur la manière dont nous pouvons percevoir aussi négativement les écrans pour nos enfants sans même avoir des données de recherche qui corroboraient cette hypothèse. Donc si nous nous demandons si les écrans sont bons ou mauvais pour nos enfants, prenons nos décisions en tenant compte de l’état de la recherche actuelle sur ce sujet et reformulons nos questions et règles d’usages !

 

Ainsi, les premières questions à se poser sont surtout mais que se passe t-il exactement sur et autour de l’écran pendant qu’un enfant le regarde et/ou l’utilise ? Est ce qu’il est dans une position propice à l’apprentissage ou pas du tout ?

 

Qu’est ce qu’il se passe SUR l’écran ?

 

Les nouveaux supports d’écran, tels que les tablettes et les smartphones, ainsi que les formats comme le chat vidéo, offrent des fonctionnalités complètement différentes par rapport aux supports d’écran traditionnels tels que la télévision ou les DVDs. La principale caractéristique est qu’ils sont interactifs: alors qu’un programme de télévision se déroule sans que l’enfant contrôle quoi que ce soit, le chat vidéo permet une action en temps réel et l’application sur une tablette/smartphone réagit lorsque l’enfant touche l’écran. Cette différence est cruciale pour enclencher l’apprentissage, mais pourquoi ?

 

Regardons d’abord les programmes de chat vidéo. Certaines études récentes montrent que les enfants apprennent aussi bien les mots d’une personne interagissant avec eux à l’écran qu’avec une personne interagissant avec eux dans la vraie vie. D’ailleurs sans même connaître ces résultats, les parents ont déjà eu cette intuition que le chat vidéo était différent des autres médias ! En effet, une enquête a montré que la majorité des parents de 6-24 ans permettaient une utilisation fréquente du chat vidéo, sans vraiment trop s’inquiéter.

 

Mais qu’en est-il des médias interactifs sans “être-humain”, comme par exemple les applications sur smartphone ? On pourrait penser que comme c’est très différent de l’interaction naturelle et que tout est virtuel, aucun effet d’apprentissage ne pourrait être trouvé ! Est ce-vraiment le cas ?

Des études récentes nous montrent que même si ce sont des agents virtuels qui apparaissent à l’écran, les enfants peuvent apprendre efficacement, notamment de nouveaux mots ! D’ailleurs ces effets sont présents surtout si ces agents réagissent à la direction du regard de l’enfant, par exemple en se tournant vers lui, ou encore s’ils appuyent sur un endroit spécifique sur la tablette pour que le programme progresse ! A l’inverse, d’autres études montrent que dans les situations où il vont être passifs, notamment quand ils peuvent appuyer n’importe où, sans qu’aucune action n’y soit relié, aucun effet d’apprentissage n’est détecté.

 

Ainsi, ces études nous montrent que si les écrans sont interactifs alors ils peuvent être des supports pédagogiques assez prometteurs ! En actionnant les ressorts de l’apprentissage, ils peuvent avoir des effets positifs, nous sommes donc loin du “jamais d’écrans avant 2 ans”. Cependant, il faut tout de même noter que certaines recherches ont observé que ces effets d’apprentissage sur les écrans interactifs semblent être plus élevés chez les enfants de 2 ans et plus. Par ailleurs, ces effet positifs ne se retrouvent pas non plus dans toutes les conditions: certaines fonctionnalités des applications interactives sur écran peuvent gêner et entraver l’apprentissage notamment en réduisant l’interaction naturelle avec les personnes qui sont avec les enfants lors de l’utilisation de ces écrans. Mais justement, comment mêler les deux pour un combo réussi ?

 

Et si en combinant la puissance technologique et la puissance des relations humaines, nous obtenions le meilleur pour l’apprentissage ?

 

L’un des moyens d’accroître le succès de l’apprentissage à partir de médias intéractifs, vous l’avez compris, consiste à faire intervenir les parents lors du visionnage ! De larges différences sont retrouvées entre un jeune enfant interagissant seul avec l’écran versus accompagné par quelqu’un! En effet, les adultes qui visionnent avec les enfants un support média peuvent améliorer l’expérience du visionnement grâce à trois canaux: ils peuvent concentrer l’attention des enfants sur les aspects pertinents de l’écran, apporter un soutien cognitif en posant des questions et établissant des liens avec le regard et le sourire ! Souvenez-vous, ce sont des éléments indispensables à l’apprentissage chez les enfants ! Ces études révèlent donc que la co-visualisation active avec un parent (ou autre) est très bénéfique pour l’enfant (et aussi les parents) ! En étant actif avec l’enfant et avec le contenu de l’écran interactif cela va améliorer nettement l’apprentissage ! Bien souvent nous considérons la lecture de livres comme une activité partagée, mais pas tellement avec les écrans, où nous laissons plus souvent les jeunes enfants en autonomie dessus. Mais cela ne devrait pas être être le cas, surtout pour les plus jeunes ! C’est un point très important à retenir pour l’usage des écrans avec les tout petits!

 

 

Quel message à retenir pour les écrans et les tout-petits ?

 

Comme nous le voyons tous les jours autour de nous, les écrans interactifs sont de plus en plus présents dans notre environnement et également chez nos enfants. Nous avons vu que, comparés aux formats traditionnels (TV, DVD), les écrans interactifs peuvent être des formats prometteurs pour améliorer l’apprentissage précoce des langues par exemple !  Les chercheurs travaillent activement à mieux comprendre les effets à long terme de l’exposition des écrans interactifs sur le developpement du langage et cognitif plus largement. Notamment sur les conditions qui pourraient être les plus bénéfiques pour l’apprentissage en fonction de la nature de celui-ci!

Mais en attendant, nous pouvons d’ors et déjà prendre de nouvelles mesures basées sur toutes ces dernières recherches :

N’interdisez pas les écrans! Mais gérez bien le temps d’utilisation pour des objectifs précis! Le temps d’écran de qualité en soi n’est pas nuisible, c’est seulement le cas si les enfants ne font aucune autre activité ! Variez les activités avec l’utilisation des nouvelles technologies mais pas que, en faisant du sport, de la musique ou toute autre activité qui permettra de développer leurs compétences cognitives et de les enrichir !

Interagissez avec les enfants autant que vous le pouvez! L’apprentissage à partir d’écrans interactifs est potentialisé par la qualité de l’entourage! Posez des questions, rebondissez sur les actions pour enrichir son vocabulaire, attisez sa curiosité, incitez l’exploration d’une scène, d’une image ou d’un objet !

Soyez vigilant sur le contenu! C’est toujours difficile de juger une application si elle est vraiment “éducative”, mais pour essayez de bien sélectionner: regardez à quel point les contenus peuvent enrichir le vocabulaire de les enfants (et aussi du vôtre par la meme occasion) et évitez ceux avec des contenus distrayants et superflus!

 

Sho Tsuji, Ph.D & Nawal Abboub, Ph.D

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« Pendant ce mois d’aout, je ne touche plus à mon ordinateur, je ne réponds plus au mail, bref je coupe tout ! J’en profite pour faire des choses que j’ai pas l’habitude de faire ou encore je passe du temps avec mes enfants, ça va me faire tellement de bien, je le sens ! » Ou parfois on entend un peu l’inverse « ah non je coupe pas tout, après je n’arrive pas à me remettre dedans, je serai trop largué à la rentrée et moins productif ! »

 

Nous prenons souvent des vacances dans l’idée de se relaxer, se ressourcer mais est ce que cela marche vraiment ? Faut-il vraiment tout couper avec notre quotidien ou l’inverse toujours avoir une pensée dans nos affaires professionnelles ?

 

Mais que nous dit la science à propos de l’effet des vacances et de la déconnexion sur notre cerveau, bon ou mauvais ?

 

La recherche nous montre que le temps de loisirs (temps de déconnexion avec le monde professionnel par exemple) est un prédicteur important pour notre bien-être incluant notre santé, notre engagement à l’école ou au travail ou encore même sur notre créativité (1) !

 

De récentes recherches ont examiné cette question avec des protocoles rigoureux en observant l’impact des pauses/loisirs ou encore de la méditation sur notre fonctionnement biologique et notre état de bien-être ! Une étude de chercheurs américains a mesuré notamment les conséquences biologiques et mentales avec par exemple des marqueurs de bien-être, de stress ou encore de notre système immunitaire après avoir passé une semaine de vacances ou après une semaine de retraite de méditation (2). Ainsi les résultats ont montré que les sujets, qui avaient pris une semaine de vacances et ceux qui était partis en retraite de méditation, se sentaient avec plus d’énergie et moins stressés. Mais de manière plus surprenante cette étude montre aussi qu’il y a un impact direct sur notre biologie, notamment avec une baisse des marqueurs de stress et un boost de notre système immunitaire ! Ceux qui avaient participé à la retraite de méditation montraient même un léger avantage au niveau de leur activité antivirale. Ces recherches nous montrent donc à quel point des pauses et des moments de déconnexion sont très importants pour réguler nos niveaux de stress et de bien-être !

 

Un autre avantage de prendre des vacances est la possibilité de recharger ses ressources attentionnelles. Dans un environnement professionnel ou personnel de plus en plus connecté avec de plus en plus de sollicitations, nous sommes bombardés d’informations et de notifications en permanence. Ces dernières années, les recherches scientifiques vont de plus en plus dans le même sens et nous montrent à quel point notre attention a des capacités limitées (3). Des nombreuses études nous indiquent, que de brèves périodes d’attention ponctuées de pauses choisies sont le moyen le plus sûr de tirer pleinement partie de notre capacité à être productif et efficace. Les pauses ainsi que les vacances nous permettent de mieux recharger nos ressources attentionnelles pour être plus efficace sur le long terme (4). D’ailleurs la surcharge attentionnelle générée par nos nouveaux modes de travail est directement corrélée au niveau de stress ressenti et à notre productivité au travail. Donc savoir bien doser son attention est crucial !

 

Enfin certaines études ont montré que les vacances permettraient d’améliorer nos capacités cognitives de manière plus large, voire même notre créativité ! Surtout si nos vacances ont été riches en expériences ! En effet, un environnement «enrichi» offre de nouvelles expériences fortes en interaction sociale, physique, et sensorielle combinées. Des études ont montré que les environnements enrichis activaient l’expression génétique de certaines molécules dans nos lobes frontaux (5) ! Ce qui avait pour conséquence d’améliorer notamment nos fonctions exécutives telles que notre capacité à réguler nos émotions ou à planifier, notre concentration, notre résistance à une sollicitation, et nos capacités d’apprentissages !

 

Les vacances, pauses ou autre moment de déconnexion sont donc indispensable à notre bon fonctionnement cognitif ! Mais comment prolonger ses effets sur l’année ?

 

Ces effets bénéfiques peuvent ainsi se prolonger et nous permettre de mieux gérer notre quotidien, si et seulement si, nous respectons un certain nombre de principe !

 

Une des premières recommandations est de ne pas mettre de coté les pauses ! Qu’elles soient courtes, de la durée d’un week-end, d’une semaine ou plus elles sont bénéfiques pour se ressourcer et mieux gérer ses ressources cognitives et ses compétences d’apprentissage !

 

Ensuite, un deuxième élément crucial est la nature des pauses! Plus elles vont trancher avec notre quotidien et être riche d’expérience (sociale, physique, sensorielle, etc), plus elles permettront de se déconnecter plus rapidement. Ainsi les connaissances acquises et la nouveauté de l’expérience nous permettrons de démultiplier nos compétences d’apprentissage.

 

Essayons ainsi avec ces connaissances scientifiques d’adapter au mieux notre vie professionnelle et personnelle sans culpabilité ! Soyons bienveillant et remettons les pauses aux centres de nos apprentissages pour s’adapter au mieux au monde d’aujourd’hui et de demain.

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Ces dernières années de plus d’entreprises émergent autour d’un nouveau défi : comment révolutionner le monde de l’Éducation et de la formation avec les nouvelles technologies ? A l’international, mais également de plus en plus en France, nous observons un engouement de plus en plus important autour de ces « EdTech », pour la contraction de « éducation » et « technologie ». Ces startups travaillent de manière acharnée pour créer un véritable impact sur l’éducation d’aujourd’hui et de demain, que ce soit dans nos organisations publiques mais aussi privées.

 

Mais lorsque nous parlons d’éducation ou de formation, nous parlons de nos compétences d’apprentissage. Ces edtech ont donc pour but d’avoir un impact positif sur celles-ci, que les personnes (adulte ou enfant) apprennent mieux et montent en compétence de manière la plus épanouie possible. Or depuis quelques dizaines années, la recherche scientifique n’a jamais autant produit de ressources autour de « l’éducation» (1). Nous n’avons jamais autant cumulé de connaissances sur la manière dont notre cerveau apprend de manière optimale.

 

De nombreuses recherches ont identifié des facteurs, ou encore appelés « catalyseurs », qui déterminent la vitesse et la facilité de l’apprentissage (2). Ces connaissances mais aussi la démarche scientifique sont pour ceux qui produisent des outils technologiques (EdTech) un trésor de ressources permettant de construire, peaufiner, améliorer la qualité de son produit !

 

Cependant, pour maitriser et extraire de l’information pertinente de cette littérature scientifique dense et très complexe cela requiert une expertise très technique qui demande de nombreuses années d’études. C’est pourquoi il est crucial de travailler de manière très étroite entre expert scientifique, formateur, pédagogue et entrepreneur si nous voulons créer des produits pédagogiques à fort impact !

 

Mais pourquoi et avec quelle rigueur ?

 

Raison 1 : Pouvoir améliorer la pédagogie et la qualité du produit

Analysons la pédagogie scientifiquement : où sont les points forts et les points d’amélioration ? Transformons les grilles de lecture, accentuons/appuyons sur ce qui a le plus d’effet sur l’apprentissage ! Renforçons ainsi la qualité « Ed » avec une pédagogie qui repose sur des processus d’apprentissage puissants. Améliorons ensemble la qualité de l’apprentissage.

 

Raison 2 : Pouvoir gagner du temps d’exécution

Utilisons la science avec sa démarche et ses principes pour produire et designer des produits de qualité, notamment sur la manière dont notre cerveau traite et consolide une information visuelle ou sonore ! Boostons la partie « Tech » avec de l’evidence-based design ! Faisons une tech efficace et puissante avec des interfaces simples et des structures de parcours apprenants adaptées à notre fonctionnement. Gagnons ensemble du temps d’exécution.

 

Ainsi, transformons l’éducation de demain avec des outils technologiques puissants et impactants ! Mettons toutes les chances de notre coté et apportons le meilleur de ce que nous pouvons produire.

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« Apprendre c’est pas pour moi, de toute façon j’ai toujours été nul à l’école », ou encore « je ne suis pas capable d’apprendre ça, je ne l’ai jamais été et je ne le serai jamais !»! Qui n’a pas déjà entendu une de ces phrases et/ou l’a, plus ou moins, acquiescée ?

 

A l’heure de l’émergence des nouvelles technologies, des grandes transformations des organisations privées et publiques–mais pas que-, la nécessité de devoir s’adapter rapidement à des environnements en pleine mutation est plus que jamais présente ! D’ailleurs, les fondations de cette capacité à s’adapter reposent justement en grande partie sur nos compétences d’apprentissage. Malheureusement, nous relions encore bien trop souvent le mot « apprendre » à des périodes restreintes dans le temps, à un domaine en particulier ou accessible qu’à une certaine « élite ». Nous pensons même parfois qu’il y a des limites infranchissables ! Mais sont-elles aussi limitées que nous le croyons ?

 

Que nous disent les sciences cognitives à propos de nos capacités d’apprentissage ?

 

Apprendre c’est un outil intrinsèque à notre manière d’exister! Et cette capacité est loin de se résumer à la période de nos apprentissages scolaires, réservée exclusivement à l’enfance ou l’adolescence, restreint à certains domaines privilégiés ou possible que pour certaines personnes. Les sciences cognitives nous ont révélé que nous apprenons TOUS, tout le temps, tous les jours et toutes les secondes ! Pourquoi ? Parce que nous sommes programmés pour apprendre ! Nous traitons en permanence, sans que nous en ayons nécessairement conscience, les informations de notre environnement : nous essayons de comprendre les règles qui les régissent pour ainsi mieux nous adapter.

 

Cette capacité à apprendre de notre environnement repose sur une circuiterie neuronale qui s’est complexifiée à travers le temps pour nous doter d’outils incroyablement efficaces. Ce phénomène repose sur une propriété particulière de nos neurones : leur plasticité (1) ! Suite à nos apprentissages nos réseaux de neurones se réorganisent : des connexions -les sites où les signaux nerveux se transmettent à travers les neurones-ou aussi appelés synapses– sont renforcés, d’autres s’affaiblissent.

Synapse, Brown University Wiki

 

Lorsque nos connexions se renforcent suite à un nouvel apprentissage, d’autres modifications au niveau de nos synapses apparaissent. En effet, au fur et à mesure, la gaine de « myéline » qui entoure nos neurones va s’épaissir et cela aura pour conséquence de conduire plus efficacement les informations (2). Autrement dit, plus nous allons nous entrainer et répéter l’apprentissage plus nous allons renforcer nos réseaux neuronaux et plus l’information va être conduite rapidement. Ainsi nous maitriserons de mieux en mieux ces nouvelles compétences. Mais à partir de quand ces propriétés sont-elles présentes et ont-elles une durée de vie limitée ?

 

Les propriétés « malléables » de nos neurones sont fonctionnelles avant même notre naissance et sont très puissantes dans l’enfance! En effet, de récentes recherches ont montré que le cerveau des fœtus commencent dès le troisième trimestre de grossesse à apprendre des caractéristiques très fines de leur(s) langue(s) maternelle(s) tout en modulant l’activité de leurs réseaux neuronaux à la naissance (3, 4).

 

Mais ces propriétés ne sont pas réservées à l’enfance, ni limité dans le temps ! Si nous adulte, décidons de nous mettre à apprendre à jongler ou à utiliser cette nouvelle application sur notre téléphone ou même à apprendre un nouveau métier alors de subtiles altérations vont également apparaitre au niveau de nos synapses pour soutenir ce nouvel apprentissage (5). La plasticité cérébrale chez l’adulte est bien plus importante qu’il n’était admis par la communauté neuroscientifique il y a quelques années (6, 7 pour la récente controverse). Ainsi maitriser parfaitement une nouvelle compétence nous est possible ! Cette « rigidité cérébrale», où tout serait figé et immuable quand nous sommes adultes, trop souvent mis en avant dans nos problèmes d’apprentissages, n’est pas une réalité biologique !

Visual Cortical Network, MIT Press

 

Donc rien n’est limité dans le temps ou limité à un domaine d’expertise, nous pouvons apprendre tout au long de notre vie, nous avons l’équipement neurobiologique pour cela. D’ailleurs si le cerveau humain est si puissant, c’est justement parce qu’il est extrêmement sensible aux expériences et à son environnement et ce tout au long de la vie ! Certes il est vrai le cerveau de l’enfant est extrêmement flexible et se modifie facilement et rapidementmais il est relativement instable. Le cerveau d’un adulte est quand à lui parfois un peu plus rigide compte tenu de son l’expérience accumulée, mais il est plus efficace et plus stable pouvant soutenir des apprentissages très complexes (8).

 

Utilisons ces clefs issues des connaissances en sciences cognitives qui sont cruciales, notamment pour mieux apprendre, améliorer ses compétences ou encore pour mieux s’adapter dans un environnement très changeant. A l’heure où les métiers de demain n’existent pas encore, où nos capacités d’apprentissage sont le moteur de la transformation de nos organisations, nous devons ré-apprivoiser cette notion d’apprentissage que nous avons parfois entouré de trop nombreuses contraintes ou limites. Il faut les remettre au centre de nos réflexions, s’en saisir pour les mettre au service d’une ambition commune.

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« Qu’est ce que je suis bête d’avoir fait cette erreur» ou encore « Je n’ai pas pu répondre, je n’étais pas assez sure de moi! ». Qui n’a pas déjà prononcé une de ces phrases ?

 

Nous faisons tous des erreurs, que ce soit dans notre travail, en classe ou encore dans notre milieu familial. Parfois, voire même trop souvent, nous hésitons même à tenter notre chance, terrorisés à l’idée que cela nous fasse passer pour une personne peu crédible, stupide ou encore manquant de connaissances. Nous pouvons être à ces moments là les pires juges de nous-mêmes. Et nous confondons bien trop souvent erreur et incompétence !

 

Rappelons-nous la célèbre citation de Nelson Mandela : « Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends ». Faire des erreurs est LA preuve que nous sommes en train d’apprendre. D’ailleurs si nous mettons tout en œuvre pour bien l’exploiter, elle est une source d’information cruciale dans nos processus d’apprentissage. Elle nous permet de savoir ce que nous ne savons pas (encore), de comprendre si nous confondons des concepts ou encore des notions proches ou si nous ne sommes pas allés trop vite dans l’interprétation d’une situation complexe.

 

Pourquoi cette notion d’erreur est indissociable de tout mécanisme d’apprentissage ? Que nous disent les sciences cognitives à propos de cela ?

 

Lorsque nous devons répondre à une question, ou que nous devons nous déplacer d’un endroit à un autre, nous formulons dans notre esprit un certain nombre d’hypothèses ou possibilités qui vont nous permettre de trouver la bonne réponse ou solution. En d’autres termes nous anticipons les conséquences de nos actions avant même de les avoir vécues !

 

En effet, des recherches ont suggéré que notre cerveau formule en permanence des hypothèses, aussi appelées « prédictions », à partir des informations que nous captons dans notre environnement (1, 2). Notre cerveau les prédit alors en fonction de ce que nous avons déjà vécu, appris ou observé. Ces mécanismes nous permettent de mieux nous adapter à notre environnement en nous préparant à agir au mieux. Ces processus sont complètement automatiques et opèrent souvent sans même que nous en prenions conscience.

 

Mais notre cerveau ne se contente pas seulement de formuler des prédictions sur le monde extérieur. Il vérifie également en permanence leur validité! En effet notre cerveau est constitué de systèmes détectant les erreurs, ce qui nous permet d’ajuster continuellement nos modèles de prédictions en fonction de la différence entre ce que nous avions prédit et la réalité.

 

Quand on a eu un mauvais geste (quand on tourne à droite au lieu d’aller à gauche) ou que nous répondons à coté de la question (comme lors d’un entretien) un premier signal d’erreur apparait très rapidement. Ce signal spécifique appelé « erreur de prédiction » est généré (en moins de 80ms dans certains cas) par ces systèmes de détections qui sembleraient être situés dans le cortex frontal (3). Ce signal permet d’indiquer qu’il y a un problème et qu’il faut déclencher une autre stratégie !

 

Mais cette étape, qui est fondamentale, n’est pas suffisante pour ajuster nos modèles de prédictions internes et pour nous permettre d’apprendre un geste ou une notion correctement. Pour cela, nous avons besoin d’un feedback précis !

 

C’est le feedback reçu avec une correction explicite (l’indication de la bonne direction à prendre), qui active une cascade de réaction dans notre cerveau pour ajuster nos prédictions et déclencher une nouvelle action, cette fois-ci adapté au contexte !

Nous ajustons ainsi nos modèles internes grâce à nos erreurs et à la qualité du feedback, ce qui nous permet d’apprendre de nouvelles connaissances, de les ajuster ou de les connecter entre elles.

 

Utilisons ces données issues des sciences cognitives pour ne plus redouter l’erreur et la remettre au centre de nos processus d’apprentissage. Si nous ne prenons pas le risque de faire des erreurs, nous bloquons en quelque sorte nos processus d’apprentissage! L’erreur est donc une étape fondamentale. Elle est d’ailleurs un indicateur précieux de la qualité de nos apprentissages : apprenons donc à les identifier et les analyser avec rigueur et précision. Soyons enfin des observateurs attentifs de nous-mêmes, pour ne plus confondre erreur et incompétence. Ainsi nous progresserons plus vite et plus sereinement !

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« Pour cette année 2018, je me met au sport et je mange plus sainement !», ou encore « je me met au Snow-Board ! ». A qui ce n’est pas arrivé ces derniers jours de prononcer ou d’’entendre au sein de son entourage une de ces phrases ? La mise en place de ces résolutions de la nouvelle année nous permettent de progresser et de s’épanouir en changeant nos mauvaises habitudes ou encore en apprenant de nouvelles compétences.

 

Pourtant ce n’est pas aussi facile de les mettre en place ! Que nous disent les sciences cognitives sur la difficulté de tenir ses nouvelles résolutions ?

 

Cette tradition de prendre de nouvelle résolution à chaque début d’année remonterait au temps de la Rome ancienne, voire même avant. Soulignant ainsi que l’être humain a toujours eu pour ambition de s’améliorer et de tendre vers un renouvellement de ses compétences. Ces envies de changements et de progression, qui ont perduré dans le temps, nous montrent bien que ce sont des comportements qui sont profondément ancrés en nous et dans notre cerveau !

 

Si nos cerveaux sont câblés pour se fixer des objectifs, se focaliser sur une action complexe pour changer ses habitudes ou d’apprendre de nouvelles compétences, pourquoi est-ce si difficile de le faire ?

 

Comme nous l’avions vu dans un précédent article, nos habitudes de vie, nos expertises ou encore nos environnements professionnels conditionnent nos comportements. Au fur et à mesure ils se sont transformés en automatismeset nous ne réfléchissions même plus quand nous faisons certaines actions. Dans notre cerveau cela se traduit par la création ou par le renforcement de réseau de neurones — via leurs espaces de connexion appelé synapses– dans certaines régions de notre cerveau nous permettant de créer et de faciliter les échanges d’informations (1). C’est ce qui nous permet d’aller plus vite pour traiter l’information et donc gagner en efficacité et en performance. Nous devenons ainsi des experts pour rentrer à la maison sans même avoir besoin d’y penser ou à snowboarder en position frontside ou backside sans aucun problème.

 

Mais que se passe t-il lorsque nous souhaitons, en réadaptant nos habitudes, apprendre de nouvelles choses ?

 

Lorsque nous changeons nos automatismes nous ne devons pas juste « effacer » ou « oublier » un module qui correspondrait à notre ancienne habitude. La réorganisation de nos circuits cérébraux suite à un changement /réadaptation de comportement est beaucoup plus complexe ! En effet, changer d’habitude signifie désapprendre un automatisme — en inhibant celui-ci- pour en apprendre un nouveau (2). Finalement ce sont deux actions qu’il faut réaliser : DESAPRENDRE et APPRENDRE. C’est cette double action qui fait que cela va être très coûteux en terme de ressources cognitives, surtout si ces comportements sont acquis depuis un certain temps et que le changement voulu se passe dans un contexte similaire !

 

Un peu comme quand nous nous mettons à faire du snowboard après des années de pratique de ski. Les automatismes acquis de nos années d’entrainement de ski peuvent créer des interférences avec ce nouvel apprentissage. Nous allons devoir désapprendre nos automatismes liés à la pratique du ski pour en acquérir de nouvelles liées à la pratique du snow board ! Nous mettons ainsi beaucoup plus de temps à acquérir les bons gestes par rapport à notre collègue, qui n’a jamais fait de ski ni de snowboard !

 

Utilisons ces clefs issues des sciences cognitives pour mieux comprendre ce qu’il se passe dans notre cerveau et nous aider à réaliser nos objectifs pour 2018 ! Nous devons prendre conscience et identifier nos automatismes qui bloquent nos nouveaux apprentissages ! Implémentons des stratégies efficaces, étape par étape, pour désapprendre nos automatismes en les inhibant, pour enfin changer nos habitudes ou maitriser pleinement nos nouvelles compétences ! En connaissant mieux le fonctionnement de notre cerveau cela nous donne plus de chance d’avoir un pouvoir sur nous-même, un meilleur contrôle de soi et de mettre tout en place pour tenir ses objectifs !

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« Depuis le temps qu’il voulait cette montre, je suis certaine que ça va vraiment lui faire plaisir ! » Qui n’a pas sauté de joie et de bonheur à la vue de ce cadeau offert par un proche, surtout si on l’attendait depuis longtemps ? Mais qu’en est-il de celui qui vous l’a offert ? Ce fameux « plaisir d’offrir » qui sert même de slogan pour de nombreuses enseignes pendant ces périodes de fête est-il vraiment réel ?

Le don, le partage ou encore d’autre acte de générosité sont autant de comportements qui sont précieux et nécessaires dans tout type d’organisation ou communauté ! Ces comportements sont essentiels pour créer un lien social fort, ou encore favoriser l’entre aide, l’équité, la réciprocité ou encore la coopération entre pairs. Mais que nous disent les sciences cognitives à propos de cela ?

 

Lorsque nous recevons des cadeaux, nous ressentons la plupart du temps -sauf si le cadeau n’est pas à notre goût- un plaisir intense ! Mais pourquoi et comment cela se passe dans notre cerveau ?

 

Quand nous recevons un cadeau, ou tout autre récompense, un réseau très particulier de neurones s’active ! Ce réseau est en fait un groupe de régions cérébrales interconnectées, que l’on appelle le circuit de la récompense (1). Ce circuit est constitué de plusieurs structures cérébrales qui communique les une avec les autres: une plutôt interne comme le striatum — à l’intérieur de notre cerveau- et une autre plutôt corticale comme le cortex préfrontal -à l’avant de notre cerveau-.

 

Ce circuit est activé par un neurotransmetteur -composé chimique libéré par nos neurones — qui est responsable de ce sentiment de plaisir : la dopamine! Autrement dit quand nous recevons un cadeau ou que nous mangeons notre plat favori, c’est l’activation de ce réseau via la dopamine –libéré dans ce circuit à la vue de cette récompense- qui va engendrer ce fameux sentiment de plaisir !

 

Mais ce qui est très intéressant c’est que ce circuit ne s’active pas uniquement lorsque nous recevons un cadeau ! Il s’active également lorsque nous en offrons (2)! Mais comment expliquer ce partage d’émotion alors que nous ne recevons pas nous-même de cadeau ?

 

Lorsque nous faisons des actes de générosité ou des dons, des études ont montré que le circuit de la récompense -striatum et cortex préfrontal- s’active, mais pas que ! Une région impliquée dans le processus d’empathie et de prise du point de vue de l’autre -la jonction temporo-pariétale– est également activée ! Dans un sens, quand nous offrons un cadeau à un proche, nous éprouvons du plaisir parce que nous nous mettons à sa place ! D’ailleurs, plus nous nous montrons généreux, plus la connexion entre la jonction et le striatum est élevée (3). Autrement dit plus nous sommes généreux, plus cela nous rend « heureux ». Ce fameux « plaisir d‘offrir » prend alors tout son sens !

 

Ces données nous montrent donc que les actes de générosité et le sentiment de plaisir sont intrinsèquement liés dans notre cerveau !

 

Utilisons donc ces clefs de lecture issus des sciences cognitives pour mieux décrypter nos comportements altruistes et profitons de ces moments de partage autant en recevant qu’en offrant des cadeaux. Favorisons ces comportements de générosité et développons une culture du partage dans nos vies personnelles mais aussi professionnelles et surtout ne les restreignons pas aux périodes de fêtes!

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« Je l’ai fait sans m’en rendre compte », « c’est une mauvaise habitude que j’ai prise ». Les expériences de notre vie personnelle ou professionnelle ont modifié au fur et à mesure nos comportements. Avec le temps, des habitudes s’installent, et parfois il nous arrive de ne pas comprendre comment elles sont arrivées là.

 

Pourtant, cette capacité à pouvoir comprendre comment et pourquoi des habitudes se sont installées est un avantage fondamental dans notre vie de tous les jours ! Elle peut nous aider à mieux réadapter/réactualiser nos comportements si notre environnement change ou encore prendre conscience que certaines habitudes peuvent devenir nocives pour nous. Mais comment mieux les détecter ? Que nous disent les sciences cognitives sur ces comportements automatiques qui guident nos actions?

 

Nos habitudes sont des comportements qui se sont profondément ancrées en nous et qui deviennent, au fil du temps, complètement automatiques. Pourquoi ? Parce ce que nos circuits cérébraux sont « malléables » et se renforcent plus ou moins rapidement suite à nos expériences et nos habitudes de vie (1). Ce sont ces mêmes « renforcements d’habitudes » qui nous permettent de suivre la même route pour aller au travail sans même avoir besoin d’y penser ! Nous n’avons plus besoin de faire appel à notre raisonnement conscient pour prendre tel ou tel chemin. Nous sommes en quelque sorte en « mode automatique », et c’est exactement ce terme qui est utilisé en neurosciences cognitives.

 

Cette automatisation a pour conséquence la libération de nos ressources cognitives (2). Ce processus est très bénéfique pour notre cerveau, cela permet d’optimiser notre énergie et notamment nos ressources cognitives ! Nous pouvons alors réfléchir à d’autres choses, comme notre programme de la journée, ou encore, à ce que nous allons manger au déjeuner.

 

Mais lorsque nous avons automatisé certains comportements, nous perdons ce que nous appelons notre « contrôle cognitif ». Notre cortex frontal, notre tour de contrôle, n’est plus sollicité pour faire cette action, ce sont des structures cérébrales plus internes qui s’en occupent (impliquées justement dans nos routines). Autrement dit, nous n’avons plus de contrôle conscient sur nos comportements et nos actions, elles sont devenues de simple reflexes. C’est exactement ce qu’il se passe quand nous continuons de prendre le même chemin, alors que nous savons que notre rue est bloquée par des travaux depuis 1 semaine ou encore quand nous continuons de parler du dernier dossier sur lequel nous travaillons pendant nos pauses déjeuner alors que nous savons que nous devons couper avec le travail pour décompresser. Ce sont nos automatismes qui guident nos comportements et non plus un acte réfléchi et conscient.

 

Ces données nous montrent que notre cerveau est programmé pour s’adapter à notre environnement et ainsi automatiser le plus rapidement possible des comportements pour nous permettre de multiplier nos capacités ! Mais il faut être vigilant, certaines fois elles peuvent nous induire en erreur sans que nous en prenions conscience.

 

Utilisons donc ces connaissances en sciences cognitives pour mieux analyser nos comportements, en prenant conscience de nos automatismes ! Cela nous permettra d’avoir des réponses plus adaptées à notre environnement, d’éviter de faire fausse route et de gagner du temps !

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« Que vais-je faire à manger ce soir ? Est ce que je peux faire confiance à ce collaborateur ? ». Nos prises de décision, qu’elles soient personnelles ou professionnelles, banales ou particulières, sont au centre de nos vies ! Nous devons en permanence sélectionner une action parmi différentes alternatives. Ainsi comment faire les bons choix ?

 

Le lourd passé des théories de Descartes dans son Discours de la méthode(1637), pèse encore largement sur nos croyances. Qui n’a pas déjà entendu dire qu’il fallait rester rationnel, logique pour prendre de bonne décision ? Mais comment décidons-nous ? Que nous disent les sciences cognitives à propos de cela ?

 

De nombreuses recherches ont justement démontré que les émotions sont essentielles dans le processus de la prise de décision (1) ! Les émotions et « notre partie rationnelle » se révèlent être deux processus indissociableslorsque nous voulons faire des choix pertinents.

 

Pourquoi ? De récentes découvertes révèlent que plusieurs régions dans notre cerveau sont impliquées dans les mécanismes de la prise de décision et non pas une seule (celle de notre fameuse « rationalité »). Ces régions sont à la fois des structures dites corticales comme notre cortex frontal -à l’avant de notre cerveau- notre tour de contrôle, impliquée dans la planification ou l’organisation de nos actions. Mais également dans des régions dites non-corticales -qui sont plus profondes et à l’intérieur de notre cerveau- comme les ganglions de la base, l‘amygdale ou encore l’hippocampe impliquées dans le traitement des émotions et de la mémoire (2, 3).

Credit: National Institute of Mental Health, National Institutes of Health

Selon Antonio Damasio, auteur de l’erreur de Descartes, les émotions ont un rôle d’étiquette sur la qualité de nos choix, ou encore défini en psychologie cognitive comme la valence émotionnelle. Quand nos émotions sont associées à un sentiment agréable ou désagréable par exemple. Autrement dit quand nous prenons des décisions nous allons chercher dans notre mémoire les connaissances liées à cet étiquetage émotionnel (agréable ou désagréable). Et c’est cette étiquette émotionnelle qui va nous permettre d’effectuer notre choix. Autrement dit, si l’étiquette est désagréable, alors nous éviterons le plus possible de faire le choix qui y est associé. Et Inversement, si l’étiquette est agréable alors nous préférerons réitérer ce choix.

 

Nous sommes donc loin de prendre des décisions uniquement dites « logiques » ou « rationnelles ». Nos prises de décision sont donc le fruit d’un mélange très complexe issues -entre autre- de notre manière de raisonnerou encore de nos expériences passées. Ces recherches nous montrent donc que d’avoir accès à nos émotions et apprendre à les comprendre se révèle être fondamental et un atout précieux lors de nos prises de décisions.

 

Utilisons donc ces clefs de lectures et méthodes issues des sciences cognitives pour avoir une analyse plus fine de nos sensations, de nos ressentis émotionnels, garantissant ainsi de meilleurs choix et moins de fausse route !

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