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« Connais-toi toi même » ou le développement de ses compétences

6 décembre 2017 - 2 minutes

Nawal Abboub,PHD

Co-Founder & Chief Science Officer @Risinguparis,
PhD Cognitive Neuroscience.

« Mais pourtant, j’étais certaine que je le savais!». A qui ce n’est pas déjà arrivé d’avoir ce sentiment de surprise, lorsque notre réponse à une question qui semblait si évidente, se révèle être complètement fausse ?

 

La connaissance de soi notamment de nos forces et de nos limites, n’est pas si facilement estimable. Pourtant, cette capacité à pouvoir délimiter son savoir est un avantage crucial ! Elle nous permet de savoir où nous en sommes dans la maitrise d’une compétence, quels sont nos points à améliorer, quels sont nos nouveaux axes de progression. Mais que nous disent les sciences cognitives à propos de la connaissance de soi ?

Cette perception interne, proche de l’introspection qui nous a fait estimer que cette réponse est la bonne a un nom : la métacognition !

 

Bien que cette notion soit relativement ancienne, retrouvé dans de nombreux ouvrages comme dans le traité de l’âme d’Aristote, ou dans de célèbres citations : “connais-toi, toi-même” (Socrate), nous devons ce terme a un psychologue américain John Flavell (1979). Selon lui, il s’agit de la capacité d’une personne à apprécier, évaluer et estimer la validité de sa propre pensée. Autrement dit la validité de nos représentations internes ou mentales serait une histoire de métacognition.

 

Il n’existe bien évidemment pas de marqueur biologique comme le rythme cardiaque l’est pour l’essoufflement par exemple. Mais il semblerait que le siège de nos capacités métacognitives soit situé dans notre cortex frontal : notre fameuse tour de contrôle qui organise et planifie (1).

 

Des études ont montré que les individus qui ont la plus juste estime de leur performance — donc de bonnes capacités métacognitives- possèdent plus de matière grise dans une zone précise de cette région : le cortex préfrontal antérieur (2). De plus il semblerait que ces mêmes personnes ont des faisceaux de matière blanche -ce qui permet aux neurones de communiquer les un avec les autres- plus dense reliant leur cortex préfrontal antérieur avec le reste du cerveau. Autrement dit, plus les individus ont une bonne métacognition, plus leur cortex préfrontal antérieur est développé et mieux connecté aux autres régions cérébrales adjacentes.

 

Ces données nous indiquent que cette capacité à estimer justement ses performances est bien ancrée dans notre cerveau et surtout modulable !

 

Ainsi il semblerait qu’à la suite d’entrainement, nous pourrions développer nos capacités métacognitives grâce aux propriétés « malléables » de nos neurones et de notre plasticité cérébrale.

 

D’ailleurs ces dernières années de nombreuses méthodes pour développer cette compétence ont fait leurs preuves ! Par exemple la méditation pleine conscience qui entraine nos capacités à nous focaliser sur nos propres sensations et pensées (3), ou encore simplement en se posant des questions objectives sur notre niveau de connaissance (4).

 

Utilisons donc ces clefs de lectures et méthodes issues des sciences cognitives pour avoir une analyse plus fine de notre estimation de nos connaissances, garantissant ainsi une meilleure maitrise et une réelle montée en compétence!

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Réferences

1. Fleming, S. M., Dolan, R. J., & Frith, C. D. (2012). Metacognition: computation, biology and function. Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences, 367(1594), 1280–1286.

2. Fleming, S. M., Weil, R. S., Nagy, Z., Dolan, R. J., & Rees, G. (2010). Relating introspective accuracy to individual differences in brain structure. Science, 329(5998), 1541–1543.

3. Baird, B., Mrazek, M. D., Phillips, D. T., & Schooler, J. W. (2014). Domain-specific enhancement of metacognitive ability following meditation training. Journal of Experimental Psychology: General, 143(5), 1972–1979.

4.Brown, P. C., Roediger, H. L., & McDaniel, M. A. (2014). Make It Stick: The Science of Successful Learning. Harvard University Press.

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