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Et si l’on pouvait profiter des bienfaits des vacances toute l’année ?

10 septembre 2018 - 4 minutes

Nawal Abboub,PHD

Co-Founder & Chief Science Officer @Risinguparis,
PhD Cognitive Neuroscience.

« Pendant ce mois d’aout, je ne touche plus à mon ordinateur, je ne réponds plus au mail, bref je coupe tout ! J’en profite pour faire des choses que j’ai pas l’habitude de faire ou encore je passe du temps avec mes enfants, ça va me faire tellement de bien, je le sens ! » Ou parfois on entend un peu l’inverse « ah non je coupe pas tout, après je n’arrive pas à me remettre dedans, je serai trop largué à la rentrée et moins productif ! »

 

Nous prenons souvent des vacances dans l’idée de se relaxer, se ressourcer mais est ce que cela marche vraiment ? Faut-il vraiment tout couper avec notre quotidien ou l’inverse toujours avoir une pensée dans nos affaires professionnelles ?

 

Mais que nous dit la science à propos de l’effet des vacances et de la déconnexion sur notre cerveau, bon ou mauvais ?

 

La recherche nous montre que le temps de loisirs (temps de déconnexion avec le monde professionnel par exemple) est un prédicteur important pour notre bien-être incluant notre santé, notre engagement à l’école ou au travail ou encore même sur notre créativité (1) !

 

De récentes recherches ont examiné cette question avec des protocoles rigoureux en observant l’impact des pauses/loisirs ou encore de la méditation sur notre fonctionnement biologique et notre état de bien-être ! Une étude de chercheurs américains a mesuré notamment les conséquences biologiques et mentales avec par exemple des marqueurs de bien-être, de stress ou encore de notre système immunitaire après avoir passé une semaine de vacances ou après une semaine de retraite de méditation (2). Ainsi les résultats ont montré que les sujets, qui avaient pris une semaine de vacances et ceux qui était partis en retraite de méditation, se sentaient avec plus d’énergie et moins stressés. Mais de manière plus surprenante cette étude montre aussi qu’il y a un impact direct sur notre biologie, notamment avec une baisse des marqueurs de stress et un boost de notre système immunitaire ! Ceux qui avaient participé à la retraite de méditation montraient même un léger avantage au niveau de leur activité antivirale. Ces recherches nous montrent donc à quel point des pauses et des moments de déconnexion sont très importants pour réguler nos niveaux de stress et de bien-être !

 

Un autre avantage de prendre des vacances est la possibilité de recharger ses ressources attentionnelles. Dans un environnement professionnel ou personnel de plus en plus connecté avec de plus en plus de sollicitations, nous sommes bombardés d’informations et de notifications en permanence. Ces dernières années, les recherches scientifiques vont de plus en plus dans le même sens et nous montrent à quel point notre attention a des capacités limitées (3). Des nombreuses études nous indiquent, que de brèves périodes d’attention ponctuées de pauses choisies sont le moyen le plus sûr de tirer pleinement partie de notre capacité à être productif et efficace. Les pauses ainsi que les vacances nous permettent de mieux recharger nos ressources attentionnelles pour être plus efficace sur le long terme (4). D’ailleurs la surcharge attentionnelle générée par nos nouveaux modes de travail est directement corrélée au niveau de stress ressenti et à notre productivité au travail. Donc savoir bien doser son attention est crucial !

 

Enfin certaines études ont montré que les vacances permettraient d’améliorer nos capacités cognitives de manière plus large, voire même notre créativité ! Surtout si nos vacances ont été riches en expériences ! En effet, un environnement «enrichi» offre de nouvelles expériences fortes en interaction sociale, physique, et sensorielle combinées. Des études ont montré que les environnements enrichis activaient l’expression génétique de certaines molécules dans nos lobes frontaux (5) ! Ce qui avait pour conséquence d’améliorer notamment nos fonctions exécutives telles que notre capacité à réguler nos émotions ou à planifier, notre concentration, notre résistance à une sollicitation, et nos capacités d’apprentissages !

 

Les vacances, pauses ou autre moment de déconnexion sont donc indispensable à notre bon fonctionnement cognitif ! Mais comment prolonger ses effets sur l’année ?

 

Ces effets bénéfiques peuvent ainsi se prolonger et nous permettre de mieux gérer notre quotidien, si et seulement si, nous respectons un certain nombre de principe !

 

Une des premières recommandations est de ne pas mettre de coté les pauses ! Qu’elles soient courtes, de la durée d’un week-end, d’une semaine ou plus elles sont bénéfiques pour se ressourcer et mieux gérer ses ressources cognitives et ses compétences d’apprentissage !

 

Ensuite, un deuxième élément crucial est la nature des pauses! Plus elles vont trancher avec notre quotidien et être riche d’expérience (sociale, physique, sensorielle, etc), plus elles permettront de se déconnecter plus rapidement. Ainsi les connaissances acquises et la nouveauté de l’expérience nous permettrons de démultiplier nos compétences d’apprentissage.

 

Essayons ainsi avec ces connaissances scientifiques d’adapter au mieux notre vie professionnelle et personnelle sans culpabilité ! Soyons bienveillant et remettons les pauses aux centres de nos apprentissages pour s’adapter au mieux au monde d’aujourd’hui et de demain.

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Réferences

1. Adams KB, Leibbrandt S, Moon H (2011) A critical review of the literature on social and leisure activity and wellbeing in later life. Ageing Soc 31:683–712.

2. Epel ES et al. (2016) Meditation and vacation effects have an impact on disease-associated molecular phenotypes. Transl Psychiatry 6:e880. Available at: http://dx.doi.org/10.1038/tp.2016.164.

3. Sergent C, Baillet S, Dehaene S (2005) Timing of the brain events underlying access to consciousness during the attentional blink. Nat Neurosci 8:1391–1400.

4. de Jonge J, Spoor E, Sonnentag S, Dormann C, van den Tooren M (2012) “Take a break?!” Off-job recovery, job demands, and job resources as predictors of health, active learning, and creativity. Eur J Work Organ Psychol 21:321–348.

5. Hannan AJ (2014) Review: Environmental enrichment and brain repair: Harnessing the therapeutic effects of cognitive stimulation and physical activity to enhance experience-dependent plasticity. Neuropathol Appl Neurobiol 40:13–25.

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