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Le pouvoir de nos habitudes

20 décembre 2017 - 3 minutes

Nawal Abboub,PHD

Co-Founder & Chief Science Officer @Risinguparis,
PhD Cognitive Neuroscience.

« Je l’ai fait sans m’en rendre compte », « c’est une mauvaise habitude que j’ai prise ». Les expériences de notre vie personnelle ou professionnelle ont modifié au fur et à mesure nos comportements. Avec le temps, des habitudes s’installent, et parfois il nous arrive de ne pas comprendre comment elles sont arrivées là.

 

Pourtant, cette capacité à pouvoir comprendre comment et pourquoi des habitudes se sont installées est un avantage fondamental dans notre vie de tous les jours ! Elle peut nous aider à mieux réadapter/réactualiser nos comportements si notre environnement change ou encore prendre conscience que certaines habitudes peuvent devenir nocives pour nous. Mais comment mieux les détecter ? Que nous disent les sciences cognitives sur ces comportements automatiques qui guident nos actions?

 

Nos habitudes sont des comportements qui se sont profondément ancrées en nous et qui deviennent, au fil du temps, complètement automatiques. Pourquoi ? Parce ce que nos circuits cérébraux sont « malléables » et se renforcent plus ou moins rapidement suite à nos expériences et nos habitudes de vie (1). Ce sont ces mêmes « renforcements d’habitudes » qui nous permettent de suivre la même route pour aller au travail sans même avoir besoin d’y penser ! Nous n’avons plus besoin de faire appel à notre raisonnement conscient pour prendre tel ou tel chemin. Nous sommes en quelque sorte en « mode automatique », et c’est exactement ce terme qui est utilisé en neurosciences cognitives.

 

Cette automatisation a pour conséquence la libération de nos ressources cognitives (2). Ce processus est très bénéfique pour notre cerveau, cela permet d’optimiser notre énergie et notamment nos ressources cognitives ! Nous pouvons alors réfléchir à d’autres choses, comme notre programme de la journée, ou encore, à ce que nous allons manger au déjeuner.

 

Mais lorsque nous avons automatisé certains comportements, nous perdons ce que nous appelons notre « contrôle cognitif ». Notre cortex frontal, notre tour de contrôle, n’est plus sollicité pour faire cette action, ce sont des structures cérébrales plus internes qui s’en occupent (impliquées justement dans nos routines). Autrement dit, nous n’avons plus de contrôle conscient sur nos comportements et nos actions, elles sont devenues de simple reflexes. C’est exactement ce qu’il se passe quand nous continuons de prendre le même chemin, alors que nous savons que notre rue est bloquée par des travaux depuis 1 semaine ou encore quand nous continuons de parler du dernier dossier sur lequel nous travaillons pendant nos pauses déjeuner alors que nous savons que nous devons couper avec le travail pour décompresser. Ce sont nos automatismes qui guident nos comportements et non plus un acte réfléchi et conscient.

 

Ces données nous montrent que notre cerveau est programmé pour s’adapter à notre environnement et ainsi automatiser le plus rapidement possible des comportements pour nous permettre de multiplier nos capacités ! Mais il faut être vigilant, certaines fois elles peuvent nous induire en erreur sans que nous en prenions conscience.

 

Utilisons donc ces connaissances en sciences cognitives pour mieux analyser nos comportements, en prenant conscience de nos automatismes ! Cela nous permettra d’avoir des réponses plus adaptées à notre environnement, d’éviter de faire fausse route et de gagner du temps !

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Réferences

1. Kanjlia, S., Lane, C., Feigenson, L., & Bedny, M. (2016). Absence of visual experience modifies the neural basis of numerical thinking. Proceedings of the National Academy of Sciences, 113(40), 11172–11177. http://doi.org/10.1073/pnas.1524982113

2. Werker, J. F., & Hensch, T. K. (2015). Critical Periods in Speech Perception: New Directions. Annual Review of Psychology, 66(1), 173–196.

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