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Les bonnes décisions sont-elles uniquement rationnelles ?

13 décembre 2017 - 2 minutes

Nawal Abboub,PHD

Co-Founder & Chief Science Officer @Risinguparis,
PhD Cognitive Neuroscience.

« Que vais-je faire à manger ce soir ? Est ce que je peux faire confiance à ce collaborateur ? ». Nos prises de décision, qu’elles soient personnelles ou professionnelles, banales ou particulières, sont au centre de nos vies ! Nous devons en permanence sélectionner une action parmi différentes alternatives. Ainsi comment faire les bons choix ?

 

Le lourd passé des théories de Descartes dans son Discours de la méthode(1637), pèse encore largement sur nos croyances. Qui n’a pas déjà entendu dire qu’il fallait rester rationnel, logique pour prendre de bonne décision ? Mais comment décidons-nous ? Que nous disent les sciences cognitives à propos de cela ?

 

De nombreuses recherches ont justement démontré que les émotions sont essentielles dans le processus de la prise de décision (1) ! Les émotions et « notre partie rationnelle » se révèlent être deux processus indissociableslorsque nous voulons faire des choix pertinents.

 

Pourquoi ? De récentes découvertes révèlent que plusieurs régions dans notre cerveau sont impliquées dans les mécanismes de la prise de décision et non pas une seule (celle de notre fameuse « rationalité »). Ces régions sont à la fois des structures dites corticales comme notre cortex frontal -à l’avant de notre cerveau- notre tour de contrôle, impliquée dans la planification ou l’organisation de nos actions. Mais également dans des régions dites non-corticales -qui sont plus profondes et à l’intérieur de notre cerveau- comme les ganglions de la base, l‘amygdale ou encore l’hippocampe impliquées dans le traitement des émotions et de la mémoire (2, 3).

Credit: National Institute of Mental Health, National Institutes of Health

Selon Antonio Damasio, auteur de l’erreur de Descartes, les émotions ont un rôle d’étiquette sur la qualité de nos choix, ou encore défini en psychologie cognitive comme la valence émotionnelle. Quand nos émotions sont associées à un sentiment agréable ou désagréable par exemple. Autrement dit quand nous prenons des décisions nous allons chercher dans notre mémoire les connaissances liées à cet étiquetage émotionnel (agréable ou désagréable). Et c’est cette étiquette émotionnelle qui va nous permettre d’effectuer notre choix. Autrement dit, si l’étiquette est désagréable, alors nous éviterons le plus possible de faire le choix qui y est associé. Et Inversement, si l’étiquette est agréable alors nous préférerons réitérer ce choix.

 

Nous sommes donc loin de prendre des décisions uniquement dites « logiques » ou « rationnelles ». Nos prises de décision sont donc le fruit d’un mélange très complexe issues -entre autre- de notre manière de raisonnerou encore de nos expériences passées. Ces recherches nous montrent donc que d’avoir accès à nos émotions et apprendre à les comprendre se révèle être fondamental et un atout précieux lors de nos prises de décisions.

 

Utilisons donc ces clefs de lectures et méthodes issues des sciences cognitives pour avoir une analyse plus fine de nos sensations, de nos ressentis émotionnels, garantissant ainsi de meilleurs choix et moins de fausse route !

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Réferences

1. Damasio, A. R. (1995). Descartes’ error. Random House.

2. De Martino, B., Kumaran, D., Seymour, B., & Dolan, R. J. (2006). Frames , Biases , and Rational Decision-Making in the Human Brain. Science, 313(5787), 684–687.

3. Bechara, A., Damasio, H., Damasio, A. R., & Lee, G. P. (1999). Different contributions of the human amygdala and ventromedial prefrontal cortex to decision-making. Journal of Neuroscience, 19(13), 5473–5481.

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