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Les nouvelles résolutions : est-ce simplement une histoire de volonté ?

12 janvier 2018 - 3 minutes

Nawal Abboub,PHD

Co-Founder & Chief Science Officer @Risinguparis,
PhD Cognitive Neuroscience.

« Pour cette année 2018, je me met au sport et je mange plus sainement !», ou encore « je me met au Snow-Board ! ». A qui ce n’est pas arrivé ces derniers jours de prononcer ou d’’entendre au sein de son entourage une de ces phrases ? La mise en place de ces résolutions de la nouvelle année nous permettent de progresser et de s’épanouir en changeant nos mauvaises habitudes ou encore en apprenant de nouvelles compétences.

 

Pourtant ce n’est pas aussi facile de les mettre en place ! Que nous disent les sciences cognitives sur la difficulté de tenir ses nouvelles résolutions ?

 

Cette tradition de prendre de nouvelle résolution à chaque début d’année remonterait au temps de la Rome ancienne, voire même avant. Soulignant ainsi que l’être humain a toujours eu pour ambition de s’améliorer et de tendre vers un renouvellement de ses compétences. Ces envies de changements et de progression, qui ont perduré dans le temps, nous montrent bien que ce sont des comportements qui sont profondément ancrés en nous et dans notre cerveau !

 

Si nos cerveaux sont câblés pour se fixer des objectifs, se focaliser sur une action complexe pour changer ses habitudes ou d’apprendre de nouvelles compétences, pourquoi est-ce si difficile de le faire ?

 

Comme nous l’avions vu dans un précédent article, nos habitudes de vie, nos expertises ou encore nos environnements professionnels conditionnent nos comportements. Au fur et à mesure ils se sont transformés en automatismeset nous ne réfléchissions même plus quand nous faisons certaines actions. Dans notre cerveau cela se traduit par la création ou par le renforcement de réseau de neurones — via leurs espaces de connexion appelé synapses– dans certaines régions de notre cerveau nous permettant de créer et de faciliter les échanges d’informations (1). C’est ce qui nous permet d’aller plus vite pour traiter l’information et donc gagner en efficacité et en performance. Nous devenons ainsi des experts pour rentrer à la maison sans même avoir besoin d’y penser ou à snowboarder en position frontside ou backside sans aucun problème.

 

Mais que se passe t-il lorsque nous souhaitons, en réadaptant nos habitudes, apprendre de nouvelles choses ?

 

Lorsque nous changeons nos automatismes nous ne devons pas juste « effacer » ou « oublier » un module qui correspondrait à notre ancienne habitude. La réorganisation de nos circuits cérébraux suite à un changement /réadaptation de comportement est beaucoup plus complexe ! En effet, changer d’habitude signifie désapprendre un automatisme — en inhibant celui-ci- pour en apprendre un nouveau (2). Finalement ce sont deux actions qu’il faut réaliser : DESAPRENDRE et APPRENDRE. C’est cette double action qui fait que cela va être très coûteux en terme de ressources cognitives, surtout si ces comportements sont acquis depuis un certain temps et que le changement voulu se passe dans un contexte similaire !

 

Un peu comme quand nous nous mettons à faire du snowboard après des années de pratique de ski. Les automatismes acquis de nos années d’entrainement de ski peuvent créer des interférences avec ce nouvel apprentissage. Nous allons devoir désapprendre nos automatismes liés à la pratique du ski pour en acquérir de nouvelles liées à la pratique du snow board ! Nous mettons ainsi beaucoup plus de temps à acquérir les bons gestes par rapport à notre collègue, qui n’a jamais fait de ski ni de snowboard !

 

Utilisons ces clefs issues des sciences cognitives pour mieux comprendre ce qu’il se passe dans notre cerveau et nous aider à réaliser nos objectifs pour 2018 ! Nous devons prendre conscience et identifier nos automatismes qui bloquent nos nouveaux apprentissages ! Implémentons des stratégies efficaces, étape par étape, pour désapprendre nos automatismes en les inhibant, pour enfin changer nos habitudes ou maitriser pleinement nos nouvelles compétences ! En connaissant mieux le fonctionnement de notre cerveau cela nous donne plus de chance d’avoir un pouvoir sur nous-même, un meilleur contrôle de soi et de mettre tout en place pour tenir ses objectifs !

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Réferences

1. Hensch TK (2005) Critical period plasticity in local cortical circuits. Nat Rev Neurosci 6:877–888.

2. Dolan RJ, Dayan P (2013) Goals and habits in the brain. Neuron 80:312–325. Available at: http://dx.doi.org/10.1016/j.neuron.2013.09.007.

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