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Les bébés et les écrans ? Des recommandations basées sur la science et non sur la tendance.

15 octobre 2018 - 8 minutes

Nawal Abboub,PHD

Co-Founder & Chief Science Officer @Risinguparis,
PhD Cognitive Neuroscience.

Qui n’a pas déjà entendu que “Tous les enfants en dessous de 2 ans ne devraient pas être exposés aux écrans, quelqu’il soit, dans n’importe quelle situation! “ Ces phrases sont souvent associées avec le fameux : “Non, jamais d’écran pour les tout-petits, cela va, affecter le développement de leur cerveau et les rendre complètement apathiques“.

 

Mais pourquoi autant de peurs autour des écrans chez les plus jeunes, surtout sur le développement de leur cerveau et de leurs compétences cognitives ?  D’ailleurs est-ce que tous les écrans se valent ? Que nous dit la recherche scientifique ?

 

Peut-être une des options, avant de répondre à ces questions est de comprendre l’origine de cette peur, pourquoi autant d’appréhension autour du cerveau tout-petits et des écrans ? Qu’est ce qu’il se passe vraiment dans les premières années de la vie dans le cerveau de nos jeunes enfants ? En comprenant mieux comment notre cerveau se développe et de quoi il a besoin pour avoir des fondations stables pour ses apprentissages, peut-être que nous pouvons mieux adapter nos règles et particulièrement celles de nos usages numériques!

 

Pourquoi les premières années de la vie de nos enfants sont-elles aussi précieuses pour l’apprentissage?

Une chose est sure : la recherche ces dernières années a fait des bons considérables sur le développement cognitif des enfants et en particulier chez le très jeune enfant. Grâce à l’avancée des méthodes et techniques expérimentales (imagerie cérébrale, psychologie expérimentale, etc.) nous n’avons jamais autant cumulé de connaissances sur le bébé et l’enfant ! En particulier sur un des apprentissages les plus important et des plus précoce dans notre espèce humaine : le langage. Cette capacité, si propre à l’être humain, s’installe en effet dans les premiers mois de la vie, voire même avant la naissance et connait sa fenêtre temporelle la plus favorable à cette période ! La maitrise du langage a un rôle capital dans nos vies de tous les jours, que ce soit pour interagir avec l’autre, communiquer, penser ou encore raisonner, elle est au coeur d’un grand nombre de nos fonctions cognitives ! D’ailleurs une bonne maitrise du langage oral est aussi un tremplin dans réussite de nos apprentissages scolaires, voire de notre réussite sociale et professionnelle. En effet, plus l’apprentissage du langage oral est stable, plus il sera facile d’entrer dans les apprentissages scolaires, notamment lors de l’entrée de la lecture, etc . Ainsi la mise en place et la maitrise de la langue maternelle est un élément crucial et d’une importance capitale pour nos jeunes enfants  ! Donc oui, ces périodes de la petite enfance sont très précieuses pour l’apprentissage, parce que des compétences fondamentales se développent et sans certains ingrédients, elles ne peuvent pas avoir de fondements stables.

 

Mais par quoi cette bonne maitrise de la langue passe, quels sont les bons ingrédients ?

 

Les dernières recherches scientifiques semblent nous montrer que, non seulement, plus un enfant est exposé tôt à sa langue maternelle mais également plus il exposé à un environnement linguistique riche et varié, plus la maitrise de sa ou ses langue(s) maternelle(s) sera de haut niveau ! Par exemple les enfants qui vivent dans des familles où de grandes quantités de mots sont produites, où il y a une grande diversité et richesse de vocabulaire, ou encore un haut niveau de complexité dans les phrases, voir des cas de bilinguisme, leur niveau de vocabulaire sont plus élevés, leur syntaxe plus complexe, etc. Mais pour une bonne acquisition de la langue ce n’est pas juste un environnement sonore riche, c’est aussi largement dépendant de la qualité des intéractions sociales ! Comme par exemple discuter avec son enfant, partager son attention sur un objet, chanter des chansons ensemble etc. De nombreuses études ont montré que sans interactions sociales notamment pour l’apprentissage des langues, un enfant apprendra peu, voir pas du tout. Ainsi, il maîtrisera moins bien sa langue et cela affectera même le bon développement de son cerveau et des aires cérébrales dédiées au traitement du langage. En effet dans les interactions entre les bébés et les parents, l’attention (direction du regard), l’engagement actif (curiosité, exploration), le retour d’information (discussion), la répétition, la sécurité affective (émotions positives)  sont présents. Et ces éléments sont cruciaux pour l’apprentissage du langage et plus généralement à d’autres types d’apprentissages.

 

Toutes ces recherches tendent donc à nous montrer que, oui les premières années sont très importantes ! L’apprentissage du langage est au coeur du développement cognitif des bébés et qu’un environnement linguistique riche ainsi que des interactions sociales complexes déterminent le bon développement du langage et donc cognitif des enfants. Donc ce n’est pas si irrationnel de s’inquiéter autant pour le développement de nos jeunes enfants et d’interdire des objets qui pourraient potentiellement être nocifs pour eux  !

 

Et si nous revenons un peu à la question des écrans et du fameux “rien avant 2 ans” ?

 

En réalité, la célèbre règle autour des écrans et des enfants, avec ce fameux “pas d’écrans avant 2 ans” a été publiée en 1999 par l’académie des pédiatres américains (American Academy of Pediatrics, 1999). Ces recommandations sont surtout basées sur les études chez les jeunes enfants regardant passivement des vidéos sur écran notamment la télévision ou les DVD. En effet, un enfant qui est exposé à un écran, de ce type là, n’est pas exposé à une interaction sociale naturelle, qui elle contient plein d’indices nécessaires et cruciaux pour un apprentissage de qualité ! Un enfant exposé à un écran comme la télévision, est particulièrement passif, il y a peu d’attention partagée (quelqu’un qui va diriger son attention sur quelque chose de précis), peu d’engagement (peu d’action pour soutenir son exploration) et ainsi peu de retour d’information sur les actions (par une personne tierce avec des explication précises). Or sans ces mécanismes engagés, nous l’avons vu, nous apprenons peu, voire pas du tout. Et à un âge où les premiers mois, voire années sont critiques pour le développement du cerveau et du développement de ses capacités cognitives, ce contexte de passivité induit par la télévision n’est en effet, pas du tout recommandable!

 

 

Cependant, dans le paysage des écrans notamment ces dernières années, les choses ont bien changé ! Les écrans où les enfants sont complètement passifs comme la télévision ne sont plus les seuls ! Les écrans interactifs comme les smartphones ou encore les tablettes ont fait leurs entrées sur le marché, d’ailleurs leurs utilisations que ce soit chez les adultes ou chez les enfants ont explosé ! Si on prend les chiffres, entre 2011 et 2014, le pourcentage aux Etats-Unis des enfants de moins de deux ans qui utilisent un écran interactif comme les smartphones a augmenté de 10 à 38% ! Or, nous venons d’apprendre à quel point un environnement stimulant et interactif est important, surtout dans les premières années de la vie, mais si nous y réfléchissons bien, les écrans interactifs pourraient amener une situation très différente avec les enfants. Plutôt que de regarder passivement cet écran, ils peuvent avoir un contrôle actif de ce qu’il se passe sur celui-ci, et ce détail peut faire toute la différence !

 

 

 

Et si les écrans n’étaient pas si mauvais pour nos jeunes enfants ?

 

Pour l’instant nous ne savons pas encore exactement dans quelle mesure les écrans interactifs pourraient avoir un impact sur le développement de nos très jeunes enfants. Cependant, les données des récentes études suggèrent que les écrans interactifs ne poseraient pas autant de problème que nous pouvions le penser au départ! En prenant en compte ces résultats, les recommandations des écrans ont justement été modifiées (AAP Council on Communications and Media, 2016),  et des groupes de chercheurs ont même envoyé une lettre ouverte pour expliquer leur inquiétude sur la manière dont nous pouvons percevoir aussi négativement les écrans pour nos enfants sans même avoir des données de recherche qui corroboraient cette hypothèse. Donc si nous nous demandons si les écrans sont bons ou mauvais pour nos enfants, prenons nos décisions en tenant compte de l’état de la recherche actuelle sur ce sujet et reformulons nos questions et règles d’usages !

 

Ainsi, les premières questions à se poser sont surtout mais que se passe t-il exactement sur et autour de l’écran pendant qu’un enfant le regarde et/ou l’utilise ? Est ce qu’il est dans une position propice à l’apprentissage ou pas du tout ?

 

Qu’est ce qu’il se passe SUR l’écran ?

 

Les nouveaux supports d’écran, tels que les tablettes et les smartphones, ainsi que les formats comme le chat vidéo, offrent des fonctionnalités complètement différentes par rapport aux supports d’écran traditionnels tels que la télévision ou les DVDs. La principale caractéristique est qu’ils sont interactifs: alors qu’un programme de télévision se déroule sans que l’enfant contrôle quoi que ce soit, le chat vidéo permet une action en temps réel et l’application sur une tablette/smartphone réagit lorsque l’enfant touche l’écran. Cette différence est cruciale pour enclencher l’apprentissage, mais pourquoi ?

 

Regardons d’abord les programmes de chat vidéo. Certaines études récentes montrent que les enfants apprennent aussi bien les mots d’une personne interagissant avec eux à l’écran qu’avec une personne interagissant avec eux dans la vraie vie. D’ailleurs sans même connaître ces résultats, les parents ont déjà eu cette intuition que le chat vidéo était différent des autres médias ! En effet, une enquête a montré que la majorité des parents de 6-24 ans permettaient une utilisation fréquente du chat vidéo, sans vraiment trop s’inquiéter.

 

Mais qu’en est-il des médias interactifs sans “être-humain”, comme par exemple les applications sur smartphone ? On pourrait penser que comme c’est très différent de l’interaction naturelle et que tout est virtuel, aucun effet d’apprentissage ne pourrait être trouvé ! Est ce-vraiment le cas ?

Des études récentes nous montrent que même si ce sont des agents virtuels qui apparaissent à l’écran, les enfants peuvent apprendre efficacement, notamment de nouveaux mots ! D’ailleurs ces effets sont présents surtout si ces agents réagissent à la direction du regard de l’enfant, par exemple en se tournant vers lui, ou encore s’ils appuyent sur un endroit spécifique sur la tablette pour que le programme progresse ! A l’inverse, d’autres études montrent que dans les situations où il vont être passifs, notamment quand ils peuvent appuyer n’importe où, sans qu’aucune action n’y soit relié, aucun effet d’apprentissage n’est détecté.

 

Ainsi, ces études nous montrent que si les écrans sont interactifs alors ils peuvent être des supports pédagogiques assez prometteurs ! En actionnant les ressorts de l’apprentissage, ils peuvent avoir des effets positifs, nous sommes donc loin du “jamais d’écrans avant 2 ans”. Cependant, il faut tout de même noter que certaines recherches ont observé que ces effets d’apprentissage sur les écrans interactifs semblent être plus élevés chez les enfants de 2 ans et plus. Par ailleurs, ces effet positifs ne se retrouvent pas non plus dans toutes les conditions: certaines fonctionnalités des applications interactives sur écran peuvent gêner et entraver l’apprentissage notamment en réduisant l’interaction naturelle avec les personnes qui sont avec les enfants lors de l’utilisation de ces écrans. Mais justement, comment mêler les deux pour un combo réussi ?

 

Et si en combinant la puissance technologique et la puissance des relations humaines, nous obtenions le meilleur pour l’apprentissage ?

 

L’un des moyens d’accroître le succès de l’apprentissage à partir de médias intéractifs, vous l’avez compris, consiste à faire intervenir les parents lors du visionnage ! De larges différences sont retrouvées entre un jeune enfant interagissant seul avec l’écran versus accompagné par quelqu’un! En effet, les adultes qui visionnent avec les enfants un support média peuvent améliorer l’expérience du visionnement grâce à trois canaux: ils peuvent concentrer l’attention des enfants sur les aspects pertinents de l’écran, apporter un soutien cognitif en posant des questions et établissant des liens avec le regard et le sourire ! Souvenez-vous, ce sont des éléments indispensables à l’apprentissage chez les enfants ! Ces études révèlent donc que la co-visualisation active avec un parent (ou autre) est très bénéfique pour l’enfant (et aussi les parents) ! En étant actif avec l’enfant et avec le contenu de l’écran interactif cela va améliorer nettement l’apprentissage ! Bien souvent nous considérons la lecture de livres comme une activité partagée, mais pas tellement avec les écrans, où nous laissons plus souvent les jeunes enfants en autonomie dessus. Mais cela ne devrait pas être être le cas, surtout pour les plus jeunes ! C’est un point très important à retenir pour l’usage des écrans avec les tout petits!

 

 

Quel message à retenir pour les écrans et les tout-petits ?

 

Comme nous le voyons tous les jours autour de nous, les écrans interactifs sont de plus en plus présents dans notre environnement et également chez nos enfants. Nous avons vu que, comparés aux formats traditionnels (TV, DVD), les écrans interactifs peuvent être des formats prometteurs pour améliorer l’apprentissage précoce des langues par exemple !  Les chercheurs travaillent activement à mieux comprendre les effets à long terme de l’exposition des écrans interactifs sur le developpement du langage et cognitif plus largement. Notamment sur les conditions qui pourraient être les plus bénéfiques pour l’apprentissage en fonction de la nature de celui-ci!

Mais en attendant, nous pouvons d’ors et déjà prendre de nouvelles mesures basées sur toutes ces dernières recherches :

N’interdisez pas les écrans! Mais gérez bien le temps d’utilisation pour des objectifs précis! Le temps d’écran de qualité en soi n’est pas nuisible, c’est seulement le cas si les enfants ne font aucune autre activité ! Variez les activités avec l’utilisation des nouvelles technologies mais pas que, en faisant du sport, de la musique ou toute autre activité qui permettra de développer leurs compétences cognitives et de les enrichir !

Interagissez avec les enfants autant que vous le pouvez! L’apprentissage à partir d’écrans interactifs est potentialisé par la qualité de l’entourage! Posez des questions, rebondissez sur les actions pour enrichir son vocabulaire, attisez sa curiosité, incitez l’exploration d’une scène, d’une image ou d’un objet !

Soyez vigilant sur le contenu! C’est toujours difficile de juger une application si elle est vraiment “éducative”, mais pour essayez de bien sélectionner: regardez à quel point les contenus peuvent enrichir le vocabulaire de les enfants (et aussi du vôtre par la meme occasion) et évitez ceux avec des contenus distrayants et superflus!

 

Sho Tsuji, Ph.D & Nawal Abboub, Ph.D

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