Assertif, ça veut dire quoi vraiment ? Définition scientifique de l'assertivité, différence avec l'agressivité, 7 exemples concrets de communication assertive au travail et méthodes pour développer cette soft skill.

« Sois plus assertif. »
Cette phrase, vous l'avez sans doute entendue mille fois, en entretien annuel, dans un feedback de manager, ou dans un livre de développement personnel. Mais assertif, ça veut dire quoi exactement ? Et surtout, comment être vraiment assertif au travail sans passer pour agressif ou pour trop conciliant ?
Chez Rising Up, l'assertivité fait partie du référentiel scientifique des 18 core skills, issu de plus de 10 ans de recherche avec nos partenaires en sciences cognitives (CNRS, ENS-PSL, Université Paris Cité). Sous le nom d'« influence assertive », elle appartient à la famille Leadership & Collaboration, aux côtés d'autres compétences interpersonnelles comme l'empathie.
Vous allez comprendre :
« Assertif » est un adjectif (au féminin, assertive). En français, dans son sens psychologique, il vient de l'anglais assertive, bâti sur la même racine latine que le mot « assertion » : assertio, qui signifie « affirmation, déclaration ». Étymologiquement, être assertif, c'est affirmer son point de vue avec clarté et confiance.
Mais en psychologie des relations humaines, la signification a évolué. Assertif ne veut pas simplement dire « qui affirme » : le terme désigne l'expression de ses besoins et émotions, de ses opinions et de ses limites, de manière directe, respectueuse et sans agressivité.
Le concept a été défini dès 1949 par le psychologue américain Andrew Salter, puis précisé par Joseph Wolpe et Arnold Lazarus (1966). L'assertivité y est décrite comme :
La capacité à exprimer ses pensées, ses émotions et ses propres besoins de manière honnête et directe, sans empiéter sur les droits et opinions des autres.
Dans notre référentiel des 18 core skills, nous avons retenu la définition suivante pour l'influence assertive :
Convaincre sans agressivité tout en défendant son point de vue.
Cette définition met l'accent sur trois dimensions clés :
Face aux tensions, on distingue classiquement quatre attitudes : la fuite ou l'abandon, l'attaque, la manipulation et l'affirmation de soi. Les trois premiers types de comportements sont souvent confondus avec l'assertivité. Voici les 3 pièges à éviter.
L'agressivité cherche la domination : elle vise à imposer son point de vue en niant celui de l'autre, quitte à le heurter. L'assertivité vise à exprimer son point de vue en reconnaissant celui de l'autre.
Exemple agressif : « Ta présentation est nulle, refais-la. »
Exemple assertif : « J'ai identifié 3 points qui pourraient être plus clairs dans ta présentation. Je te les partage, tu me diras ce que tu en penses ? »
La passivité, ou soumission, c'est s'effacer pour éviter l'affrontement : on choisit la fuite ou l'abandon plutôt que de dire ce qui ne va pas. L'assertivité, c'est exprimer clairement sa position même si elle est inconfortable.
Exemple soumis : « Non non, ça me va, on fait comme tu veux. » (alors que ça ne va pas)
Exemple assertif : « Je comprends ta proposition. Cependant, j'ai un point de vigilance sur X. Peut-on en discuter ? »
La manipulation utilise des techniques indirectes (ruse, culpabilisation, chantage émotionnel, flatterie) pour obtenir gain de cause. L'assertivité joue la transparence : elle dit clairement ce qu'elle veut et pourquoi.
Exemple manipulateur : « Bon, si tu ne veux pas m'aider sur ce projet, tant pis, je vais me débrouiller seul comme d'habitude... »
Exemple assertif : « J'ai besoin de ton expertise sur ce projet. Peux-tu me donner 2 heures cette semaine ? »
Voici 7 situations concrètes du monde du travail où l'assertivité fait la différence, avec des formulations directement utilisables.
Contexte : votre manager vous demande de prendre en charge un nouveau projet alors que vous êtes déjà surchargé.
Formulation assertive :
« Je comprends l'importance de ce projet et je suis flatté que tu penses à moi. Cependant, je suis actuellement à 100 % sur les projets A et B, avec des échéances la semaine prochaine. Si je prends celui-ci, je risque de mal livrer les trois. Qu'est-ce qu'on priorise ensemble ? »
Pourquoi c'est assertif : reconnaissance du contexte, exposition claire des faits, ouverture au dialogue, pas de « oui » forcé ni de « non » sec.
Contexte : un collègue a livré un travail en dessous des standards de l'équipe.
Formulation assertive :
« Je voulais te partager un retour sur le rapport que tu as envoyé hier. Sur la partie financière, j'ai relevé 3 chiffres qui me semblent divergents des données brutes. Peux-tu les revérifier avant la présentation client ? »
Pourquoi c'est assertif : factuel, précis, orienté action, pas de jugement de la personne.
Contexte : votre direction propose une approche que vous jugez risquée.
Formulation assertive :
« J'entends votre proposition et je comprends la logique. Cependant, sur la base de notre expérience client Y, je vois un risque sérieux sur le point Z. Puis-je vous présenter une alternative en 3 minutes ? »
Pourquoi c'est assertif : validation du point de vue de l'autre, argumentation factuelle, demande explicite de temps de parole.
Contexte : un client demande une modification hors périmètre juste avant la livraison.
Formulation assertive :
« Je comprends que cette modification vous semble prioritaire. Elle sort cependant du périmètre initial et va décaler la livraison de 5 jours. Souhaitez-vous que je vous propose un devis complémentaire, ou préférez-vous qu'on garde le périmètre initial ? »
Pourquoi c'est assertif : reformulation, exposition des conséquences, choix explicite laissé au client.
Contexte : entretien annuel, vous estimez mériter une revalorisation.
Formulation assertive :
« Depuis 18 mois, j'ai pris en charge X, Y et Z, avec les résultats suivants : A, B, C. Ces missions dépassent le périmètre de mon poste initial. Je souhaite discuter d'une évolution salariale ou d'un changement de fiche de poste. »
Pourquoi c'est assertif : basé sur des faits, positionne une demande claire, ouvre le dialogue.
Contexte : un collègue vous coupe systématiquement la parole en réunion.
Formulation assertive :
« [Prénom], j'ai remarqué qu'on s'est coupé la parole plusieurs fois en réunion ce matin. J'aimerais qu'on prenne l'habitude de se laisser finir nos phrases avant de rebondir. Ça te va ? »
Pourquoi c'est assertif : constat factuel, demande claire, sans jugement ni procès d'intention.
Contexte : au sein d'un groupe projet, tout le monde s'accorde sur une méthode que vous jugez erronée.
Formulation assertive :
« Je comprends le consensus, mais je vois un vrai problème méthodologique. Selon [source ou expérience], notre approche X risque de biaiser les résultats. Peut-on prendre 10 minutes pour chercher une alternative avant de continuer ? »
Pourquoi c'est assertif : reconnaît le consensus, argumente factuellement, propose une action concrète.
L'assertivité n'est pas un trait de personnalité figé, c'est une compétence entraînable. Parmi les méthodes historiques référencées en psychologie comportementale, l'une des plus connues est la méthode DESC, formalisée par Sharon et Gordon Bower en 1976. Elle propose une trame simple en 4 étapes pour formuler une demande ou un refus sans agressivité ni passivité.
DESC est un acronyme en 4 étapes, chacune guidée par des questions simples :
Exemple appliqué : votre chef vous confie régulièrement des dossiers à la dernière minute.
L'approche Rising Up complète ce type de cadre méthodologique par une mesure objective en situation. Le Soft Skill Scan évalue l'influence assertive à travers des situations professionnelles contextualisées, alors que les méthodes classiques (dont DESC) restent centrées sur la structuration d'une prise de parole. Les deux approches sont complémentaires : les méthodes de formation posent les bases, la mesure Rising Up permet d'objectiver la progression et de la certifier.
Beaucoup de recruteurs utilisent des tests psychométriques classiques (PAPI, 16PF, Hogan, MBTI) pour évaluer l'assertivité. Le problème ? Ces tests reposent sur l'auto-évaluation déclarative : le candidat coche ce qu'il pense être. Résultat : un candidat peut se déclarer « assertif » sans l'être en situation, ce qui rend la donnée peu discriminante pour un choix de recrutement.
L'approche Rising Up est radicalement différente. Notre Soft Skill Scan mesure l'influence assertive à travers les dispositifs suivants (Rising Up a été reconnue Deeptech par le Conseil européen de l'innovation, l'EIC, en 2023) :
Le résultat est présenté en points forts et points de vigilance pour l'influence assertive, avec un score de compatibilité poste sur une échelle Compatible / À approfondir en entretien / Incompatible.
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Être assertif au travail, c'est affirmer son point de vue avec clarté et confiance, dans le respect de l'autre. Ce n'est pas de l'agressivité (imposer), ni de la passivité (s'effacer), ni de la manipulation (contourner). Faire preuve d'assertivité est une soft skill mesurable et entraînable, qui conditionne la solidité des décisions collectives.
Chez Rising Up, l'influence assertive fait partie des 18 core skills de notre référentiel scientifique. Elle se mesure à travers des mises en situation calibrées, pas par de l'auto-évaluation déclarative.
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